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Actualités

L’Oriental, une vision intégrée du développement

24/02/2013 | Année 2013

Entretien avec Mohamed Mbarki, directeur général de l’Agence de l’Oriental

La mise en service des nouvelles infrastructures de base a permis de lancer une dynamique de reconversion économique de la région.

Le Matin : La région de l’Oriental fait figure aujourd’hui de région modèle en termes de développement. Il y a eu l’Initiative royale pour le développement de l’Oriental, les nombreuses visites de Sa Majesté dans la région, les grands projets… Quelle est la logique de cette «success-story» ?
Mohamed Mbarki : La logique est une vision intégrée du développement dont le point de départ est effectivement le discours historique du 18 mars 2003 où Sa Majesté le Roi, que Dieu l’assiste, a annoncé l’Initiative royale pour le développement de la région de l’Oriental. C’est l’annonce d’une démarche mobilisatrice, d’orientations novatrices, en termes de grands projets et de moyens d’action financiers, humains, institutionnels, etc.
Ce discours est un véritable socle fondateur pour l’ensemble des acteurs nationaux et régionaux et établit une liste de projets prioritaires.
La «success story» a débuté avec le lancement des grands projets structurants. Ils sont aujourd’hui entièrement réalisés ! La région dispose donc, désormais, des infrastructures qui accélèrent son intégration dans le tissu économique et social, national et international. Tout le monde les connaît : autoroute Fès-Oujda, rocade méditerranéenne, voie ferrée Taourirt-Nador, futur complexe portuaire Nador West-Med, nouvel aéroport d’Oujda, aéroport de Bouarfa. Et si on y ajoute les grands projets en cours : double voie Oujda-Nador, Taza-Al Hoceima, ou encore les grands projets induits par le Port de Nador West-Med, c’est un véritable arsenal économique et logistique qui se met progressivement en place !

À propos de reconversion économique de la région, qu’en est-il des autres grands projets ?
La mise en service des nouvelles infrastructures de base, que je viens d’évoquer, a permis de lancer une dynamique de reconversion économique de la région, à travers une offre sectorielle innovante dans les domaines de l’industrie (technopôle d’Oujda, parc industriel de Selouane), de l’agro-industrie (agropole de Berkane), du tourisme (station touristique Mediterranea-Saïdia et future plateforme de développement touristique de Marchica) et des énergies renouvelables (nouvelle centrale thermo-solaire à Aïn Béni Mathar de 472 MW et prochaine centrale solaire de 400 MW prévue par le plan solaire marocain dans la province de Jerrada.
L’industrie, c’est le développement pérenne, celui dont a besoin notre pays. L’Initiative royale l’a consacrée et l’a dotée de structures d’accompagnement performantes :
• formation enrichie de nouvelles unités : Faculté de médecine et futur CHU, écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, Faculté multidisciplinaire de Nador, nouvelle école d’ingénieurs d’Al Hoceima et de nouvelles filières de formation et de R&D;
• nouveaux équipements collectifs et sociaux de base : eau, électricité, santé et éducation, routes rurales ;
• un fonds d’investissement dédié de 300 millions de dirhams (FIRO) ;
• un cadre de vie urbain rénové et attractif. Le cadre de vie, c’est aussi la valorisation des atouts naturels qui font de l’Oriental un territoire d’exception, un réservoir de richesses immenses pour l’avenir : ressources en eaux superficielles et souterraines, grands espaces touristiques, diversifiés, pour un dépaysement réel, ainsi qu’un ensoleillement de plus de 3 000 heures/an en moyenne. J’ajoute l’effort consenti en matière de développement humain et social en conjuguant l’Initiative Royale avec l’INDH. L’évolution des indicateurs économiques et sociaux montre ainsi que la région s’est hissée au niveau de la moyenne nationale alors qu’elle était placée parmi les régions les plus pauvres du Royaume.
La région vit donc une véritable renaissance !

Donc vous positionnez la région dans un espace plus large que le Maghreb, l’espace euro-méditerranéen ?
Effectivement ! La région a des frontières plurielles qui la prédisposent, plus que tout autre espace régional du Royaume, à tirer avantage de sa position de carrefour maghrébin, africain et de sa proximité avec l’Europe. La région ambitionne aussi de valoriser toutes les synergies que permettent les accords de libre-échange et le statut avancé avec l’Union européenne. D’ailleurs, les jumelages institutionnels financés par l’Union européenne, concernant le rapprochement entre les territoires et les institutions régionales des deux rives, ont débuté par la région de l’Oriental. L’existence d’une diaspora importante de plus de 800 000 ressortissants marocains issus de la région installés en grande partie en Europe favorise plus encore ce rapprochement. C’est là une autre richesse, évoquée par le discours royal. Cette diaspora est aussi à l’origine des flux de compétences et d’investissements en provenance de l’Europe, et permet de tisser des liens humains et culturels très forts entre l’Oriental et le nord de la Méditerranée. La région apparaît donc comme un nouveau pôle de développement à l’instar de celui de Tanger Med.

Parmi les atouts de la région mis en valeur dans ce processus de développement, vous avez accordé une place de choix à la culture.
En effet, dans le cadre de cette vision intégrée du développement, l’atout culturel est une richesse. L’Agence a, par exemple, initié une série d’activités de publications et de soutien aux actions culturelles pour mieux faire connaître et valoriser la région. En outre, l’Agence, en partenariat avec le ministère de la Culture et la délégation permanente du Maroc auprès de l’UNESCO, a engagé un processus pour l’inscription de la ville oasis au patrimoine mondial de l’Humanité. Cette initiative a déjà permis son inscription sur la liste indicative du patrimoine mondial. On peut citer également le projet de parc muséologique minier de Jerrada que l’Agence et ses partenaires (le ministère de la Culture et le ministère de l’Énergie, des mines) veulent créer dans les friches minières de la ville. Ce projet, en plus de la réhabilition de la mémoire, participera à la reconversion économique de la province de Jerrada.

À votre avis, quelles sont les perspectives d’avenir pour la région ?
L’Initiative royale a engendré le retour de la confiance, voire de l’enthousiasme des populations pour l’avenir de leur région. Ces éléments de «psychologie collective» si vous me permettez l’expression, constituent un acquis politique important ayant permis de compenser totalement les effets négatifs du «yoyo» de l’ouverture-fermeture des frontières terrestres avec l’Algérie voisine. Les études d’impact des projets réalisés prévoient la création de plus de 100 000 emplois à l’horizon 2025. C’est une des priorités du développement : créer de l’emploi pour les jeunes ! Cela met en perspective de nouveaux enjeux stratégiques et de nouveaux défis pour la région :

Des acquis à consolider…
Il faut remplir les zones industrielles, faciliter l’installation de nouvelles entreprises, principalement les PME-PMI, dans les secteurs innovants comme l’environnement, les énergies renouvelables, les TIC, l’agroalimentaire, etc. Il faut aussi réussir le décollage du secteur touristique à travers le rayonnement des nouvelles stations réalisées ou en cours (Mediterranea-Saidia, Marchica) pour une offre touristique moderne, riche, diversifiée, gorgée d’authenticité... une destination nouvelle venant enrichir l’offre Maroc et promouvoir le tourisme culturel.

Une attractivité naissante à consolider…
La dynamique de développement enclenchée par l’Initiative royale a favorisé l’évolution de l’image de la région, d’une région «fermée, enclavée et non rentable» vers une région dynamique, moderne, à fort potentiel économique. L’installation et la multiplication des grandes enseignes commerciales dans la région, en l’espace de quelques années, en témoignent. Néanmoins, beaucoup reste à faire. La région est consciente de l’enjeu de compétitivité qu’impose l’économie mondiale aujourd’hui et particulièrement celle de la zone euro qui constitue notre voisinage immédiat ! L’enjeu de la compétitivité est déterminant pour l’avenir.

Reste des défis à relever…
Développement humain, régionalisation avancée, développement de proximité, emplois des jeunes, etc. Ces nouveaux défis posés à la région concernent la promotion d’une offre territoriale diversifiée, la préparation de l’économie régionale à l’ouverture des frontières et au démantèlement tarifaire avec l’Europe, la valorisation des nombreux atouts de la région par des actions de marketing territorial et d’intelligence économique parfaitement ciblées.

Souce: Lematin.ma