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Actualités

INTISSAR HADDIYA: LA PASSION D UNE FEMME MÉDECIN, AUTEURE ET ACTRICE ASSOCIATIVE

04/03/2020 | Année 2020

Oujda - Fille d’un couple d’intellectuels, Intissar Haddiya, Victoire et Cadeau pour prénom et nom, quel meilleur choix pour une jeune femme prédestinée aux multiples talents acquis au prix d’efforts continuels, qui a pu réaliser son rêve d’enfance de devenir médecin et de passer d’une lectrice accro à une auteure passionnée et appréciée.
 
Médecin-néphrologue, professeur de néphrologie à la faculté de médecine d’Oujda, relevant de l’Université Mohammed Premier (UMP-Oujda), Intissar Haddiya est également auteure-romancière.
 
 
 
Ayant aussi une activité associative qui lui tient à cœur, elle est membre de l’Association de soutien aux insuffisants rénaux d’Oujda et de la Fédération de développement des associations des insuffisants rénaux de l’Oriental.
 
 
 
L'énergie débordante de cette femme est tellement inspirante. Elle concilie admirablement entre sa profession de médecin-professeur, sa passion d’auteure romancière et son engagement dans le travail associatif au service des insuffisants rénaux et de la promotion du don d’organes.
 
 
 
Sereine et confiante en elle, Dr Intissar, née en 1981, croit fermement que les efforts faits finissent toujours par payer. Ses premiers essais littéraires étaient publiés en langue anglaise en 1999.
 
 
 
Médecin, un rêve d’enfant devenu réalité
 
Parlant de son parcours, Mme Haddiya, qui a vécu et grandi à Rabat où elle a fait pratiquement toutes ses études, a indiqué qu’à l’âge de huit ans déjà, elle a découvert la beauté de ce métier à travers la fameuse série télévisée américaine "Docteur Quinn, femme médecin".
 
 
 
"J’étais très éblouie par la volonté de cette femme, de la manière dont elle sauve les gens et soulage la douleur. Alors j’ai décidé très tôt de faire la médecine", a-t-elle confié dans un entretien accordé à la MAP à l’occasion de la journée internationale des femmes et dans lequel elle est revenue sur son parcours atypique, ses inspirations, ses passions et ses hobbies.
 
 
 
Après le baccalauréat, elle a opté sans hésitation pour les études médicales. Puis, elle a passé le concours d’internat du CHU de Rabat, et c’était un tournant. "ça m’a aidé à apprendre beaucoup de choses à travers le contact avec les patients, les cas d’urgence... L’internat est une école de la vie, une petite communauté qui permet de bien connaître les gens et de développer le savoir-faire relationnel".
 
 
 
Après cette étape enrichissante, elle a opté pour la néphrologie qui est une spécialité très précise et pointue. "Cette discipline médicale, avec ses champs d’intervention si vastes, m’a beaucoup intriguée dès le début", a-t-elle argué.
 
 
 
Mais, si ce rêve d’enfant s’est concrétisé, c’est bien évidement au prix de beaucoup d’effort, de persévérance et de détermination de sa part, et grâce à l’appui inestimable de certaines personnes.
 
 
 
Reconnaissante envers ces personnes qui l’ont soutenue jusqu’au bout, elle a révélé qu’elle a eu la chance inouïe d’avoir des parents bien instruits "qui m’ont beaucoup épaulé, m’ont orienté dans la vie, ont cru en moi, m’ont élargi les horizons et m’ont ouvert à la vie culturelle, et à la vie tout court".
 
 
 
Outre le rôle important des parents, elle a expliqué qu’après son mariage, elle a eu encore la chance d’avoir un mari "brillant" et compréhensif qui a continué et continue de l’encourager dans ses choix et ses projets.
 
 
 
L’écriture : L’autre facette
 
Encouragée par ses parents, elle a baigné dès son jeune âge dans le monde de la lecture et de l’écriture. Elle a ainsi découvert de grands auteurs qui l’ont marquée dans son parcours de lectrice, aussi bien par leurs styles et leur imagination que par leur engagement, à tel point qu’elle a toujours voulu écrire, raconter et passer le message de la même manière.
 
 
 
"Énormément d’auteurs, connus et reconnus, de différentes nationalités (afro-américains, arabes, …) ont eu un impact sur moi, et j’avais toujours le rêve que mes écrits soient aussi lus et appréciés. Un rêve qui s’est réalisé au fils des années et mon premier contrat de publication a été fait assez tôt avec Cambridge University Press en 1999", a-elle fait savoir.
 
 
 
Ce prestigieux éditeur a publié ses premiers essais et nouvelles en anglais, alors que son premier roman intitulé "Si Dieu nous prête vie" est paru en 2016 aux éditions St. Honoré (Paris) et coédité à Casablanca par Orion éditions, et la réaction des lecteurs était "très encourageante".
 
 
 
C’est un roman qui met de la lumière sur le vécu empreint d'amour, de douleur, d'espoir et d'aventure d'un groupe d'individus partageant la même séance de dialyse. Un récit de vie, qui dénude ingénument la détresse et les contraintes liées à la dialyse tout en soulignant la difficulté d'accès à la greffe d'organe.
 
 
 
Sa spécialité de néphrologue était une source d’inspiration pour l’écriture de ce premier roman. Pour elle, la médecine est un métier de communication, de proximité avec les gens et une lucarne sur la société et le fait de côtoyer la douleur, les souffrances, la maladie, voire la mort, et d’être le réceptacle de la vulnérabilité humaine, "ça procure énormément d’idées et ça permet de poser des questions et, bien entendu, de nourrir la création culturelle et littéraire".
 
 
 
Elle a publié après son second ouvrage "Au fil des songes", un recueil de poèmes, d’interrogations existentielles, sur les questions de la vie, de la justice, du droit à la différence (…), qui a été primé en 2019 en recevant le premier prix de la francophonie à l’issue d’un concours littéraire.
 
 
 
Quant à son dernier romain "L’inconnue", il parle beaucoup plus de la condition féminine au Maroc, de l’héritage, des enfants abandonnés, de la Kafala, et bien d’autres thématiques.
 
 
 
Dans ses écrits, Dr Intissar a un penchant pour le roman social, elle raconte et décrit à sa propre manière la société, le Maroc, qui est un pays à la fois singulier et pluriel, et fait aussi en sorte que les lecteurs prennent conscience de certaines choses, et les invite quelque part au débat, de façon subtile.
 
 
 
Le travail associatif, un prolongement du métier
 
De l’avis de cette jeune dame, le travail associatif est un versant et un prolongement de son métier. "Il est indissociable de notre activité, notamment dans une spécialité comme la nôtre où on a affaire à des pathologies chroniques et coûteuses".
 
 
 
"Il faut mutualiser les efforts et il faut que la société civile ait son mot à dire afin d’améliorer les choses et ce, en contribuant aux actions louables menées par l’Etat et aux efforts déployés, en amont, par la société savante de médecins néphrologues".
 
 
 
Passer de médecin ou de l’enseignant à l’acteur associatif est un acte très important dans ce métier pour aider les personnes souffrant d’insuffisance rénale. Plus encore, "on ne peut pas être néphrologue et ne pas être adepte et encourager le don d’organes, d’autant plus que le choix de la transplantation demeure le traitement idéal de l’insuffisance rénale chronique terminale", a-t-elle enchaîné.
 
 
 
Selon elle, il y a des avancées à ce niveau et les choses s’améliorent d’année en année mais il reste encore du chemin à faire.
 
 
 
Interrogée sur sa recette magique pour concilier remarquablement entre son métier de néphrologue, sa mission de professeur, son action associative et sa responsabilité de maman, elle a répondu tout simplement : "quant on fait des choses par passion, on ne peut que s’y adonner par passion".
 
 
 
Et comme conseil aux femmes, elle a avancé qu’il faut avoir des objectifs clairs et essayer de travailler pour les réaliser dans les limites du possible, et surtout ne pas se victimiser, ne pas rester dans une vision étroite et victimaire de la vie. Chaque personne a au fond d’elle des capacités qui ne demandent qu’à être développées.
 
 
 
De ses projets futurs en tant qu’auteure, elle a dit qu’elle écrit toujours et qu’elle a beaucoup de manuscrits qui seront publiés au moment opportun. "Pour moi, écrire est une activité de liberté et d’équilibre, c’est pourquoi je ne fixe pas d’agenda ou de date précise pour la publication".
 
 
 
En sa qualité de mère de famille, elle aimerait que ses enfants soient de bons citoyens, assument leur responsabilité, et sachent qu’ils ont des droits et des devoirs envers leur communauté et leur pays.
 
 
 
Source : Quid