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Figuig: Des coutumes et traditions ramadanesques ancestrales face à l’épreuve du temps

08/06/2017 | Année 2017

 Lorsqu’une région est riche de son patrimoine matériel et immatériel et possède des coutumes et traditions ancestrales, ces singularités ne peuvent que se refléter à tous les niveaux de la vie sociale. Figuig en est la parfaite illustration.

Oasis splendide parsemée de Ksours, cette ville antique est connue pour la richesse et la diversité de ses coutumes ramadanesques, transmises au fil de générations de père en fils pendant des siècles, avant qu’elles ne perdent de leur éclat, petit à petit, devant les mutations des temps modernes.

De ces traditions on peut citer le premier jeûne de la fille à Figuig. A la veille du Ramadan, les mères se rassemblent pour couvrir de henné les mains et les pieds des filles ayant atteint l’âge de jeûner, en leur préparant une toilette et des atours particuliers pour le lendemain.

Dans un entretien à la MAP, le chercheur en patrimoine Mohame Bouziane raconte comment à Ksar El Maïz, les mères couvraient leurs filles de leurs plus beaux habits traditionnels, d’or et d’argent.

Les jeunes filles ainsi parées se retrouvaient par la suite devant le sanctuaire de Sidi Mohamed Ben Amar, avant de se diriger en groupe vers celui de Sidi Hibatallah, et de là vers différents endroits jusqu’au point « Lemrakoub », situé à l’extrême nord du ksar.

Ce rituel, qui durait trois jours, avait pour but de renforcer leur capacité d’endurance et de les distraire de la faim et de la soif dus au jeûne, explique M. Bouziane, notant que le dessein ultime de cet exercice est de leur inculquer les valeurs d’entraide, de solidarité et de fraternité.

Au soir, les filles s’attablaient devant un repas spécial, rompant le jeûne avec des dattes et de beurre en provenance des tribus voisines, ajoute-t-il.

A partir du second jour, les jeunes filles mangeaient tour à tour chez leurs proches et leurs voisins, ne retrouvant leur domicile familiale qu’après l’Aid Al Fitr.

De même, tout au long du moins sacré à Figuig, deux troubadours parcouraient les ruelles de la ville après minuit, munis l’un d’une percussion et l’autre d’un instrument à corde, et ce afin de réveiller les habitants, notamment les femmes, afin de préparer le repas du shour.

En guise de reconnaissance envers ce duo, les habitants collectaient une « fitra », sous forme de grains, de dattes ou d’argent, qui est offerte aux musiciens le matin de l’Aid lorsqu’ils défilent une dernière fois dans la ville.

S’agissant de la rupture du jeûne, les Figuiguois, fait savoir le spécialiste de l’histoire de la ville, avaient pour coutume de déguster différents types de dattes et de céréales, le tout arrosé de lait ou de lait caillé.

L’orge, précise-t-il, était essentielle pour la préparation de pain, de soupe ou de couscous, faisant observer que les familles les plus aisées agrémentaient leurs mets de légumes et de viande de mouton.

Une autre tradition ramadanesque consiste à nourrir les usagers des mosquées jusqu’à l’aube pendant la nuit du Destin, relève-t-il, précisant que cette coutume, appelée « Ahbas Ramadan », était complétée par des séances de lecture et d’explication de hadiths après la prière du Asr (Ahbas Al Boukhary).

Le chercheur regrette que ces traditions se soient effritées à cause de l’évolution technologique effrénée du monde actuel, expliquant que la plupart de ces traditions ont disparu après avoir résisté jusqu’à la fin du 20ème siècle.

Source : Le mag